Les cystites à répétition : apport de la « cranberry »

La Cranberry (Nom anglais de canneberge) est une petite baie rouge consommée outre Atlantique depuis des décennies, ou elle est considérée comme un remède traditionnel contre les infections urinaires.

Introduction

Depuis peu(2004) et pour la première fois en France, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) s’est prononcée sur la cranberry. Le 6 avril 2004, cette agence nationale a rendu un avis favorable (Avis de l’Afssa du 6 avril 2004, Saisine n°2003-SA-0352) tant sur la sécurité que sur les bénéfices santé de ce produit:

Un remède ancien des cystites

En France, près de deux millions de femmes sont chaque année victimes de cystites à répétition (plus de 4 par an). Le traitement ne donne pas toujours de résultats satisfaisants d’emblée. Il repose sur la prise d’antibiotiques, parfois au long cours dans le but de diminuer la fréquence des récidives. Outre certaines précautions d’hygiène corporelle et alimentaires et après un bilan recherchant une cause, l’on est souvent confronté d’une part à une résistance des bactéries et à leur persistance dans la vessie favorisée par leur capacité d’adhérence aux parois de l’organe.

Mais certains remèdes de grands-mères se sont parfois révélés n’être qu’une poudre de perlimpinpin, qu’en est-il du jus de cranberry ? Plusieurs études sérieuses sur le cranberry ont permis de montrer que la consommation de ce jus de fruit permet de réduire la fréquence des infections urinaires chez les femmes à tout âge. Une réduction qui selon les études et les doses varie entre – 20 % et – 60 %. Cet effet serait également observé avec des gélules contenant le cranberry en poudre.

Enfin, la consommation régulière de ce jus de cranberry (sous quelque forme que ce soit) semble même offrir une bonne protection contre les bactéries devenues résistantes aux antibiotiques.

Des mécanismes anti-adhésion bactérienne

Contrairement à ce que l’on a pu croire à une époque, ce n’est pas l’acidification de l’urine par le jus de cranberry qui est à l’origine de ce résultat. De plus amples recherches ont permis de mettre à jour leur probable véritable mécanisme. Ces baies contiennent des flavonoïdes, des anthocyanes et des proanthocyanidines. Ces derniers composés seraient capables de se fixer sur certaines bactéries (notamment Escherichia coli) responsables des cystites et les empêcher d’adhérer aux parois de la vessie minimisant ainsi le risque de récidive de l’infection urinaire.

Ne pouvant plus adhérer aux cellules vésicales, ces bactéries sont alors naturellement éliminées par les voies naturelles, lors de s mictions. Certes l’absorption de jus de cranberry ne fera pas tout, mais il peut contribuer à aider les femmes associée à d’autres précautions classiques dans la lutte contre les cystites récidivantes (boissons abondantes, lutte contre la constipation, miction après les rapports, etc…)

Rédacteur : Philippe Fiatte

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