Cancer de la Prostate

A quoi sert la prostate ?

Il s’agit d’une petite glande située sous la vessie et qui constitue la partie initiale de l’urètre. Elle sert à terminer la composition du liquide séminal (les spermatozoïdes venant des testicules et sont acheminés au travers des canaux déférents jusqu’aux vésicules séminales ou ils sont stockés). Elle joue un rôle essentiel dans l’éjaculation.

Appareil génital masculin

Quelles sont les maladies de la prostate ?

La plus souvent évoquée est l’adénome de la prostate ou hypertrophie bénigne de la prostate, sujet qui sera abordé ailleurs dans le site (adénome prostatique).
Une autre pathologie de la prostate est la prostatite ou infection de la prostate dont le traitement relève avant tout des antibiotiques mais qui impose parfois une hospitalisation. `
Enfin le sujet qui est traité ici, le cancer de la prostate, véritable problème de santé publique puisqu’il représente maintenant le premier cancer de l’homme.

Qu’est-ce que le cancer de la prostate ?

Il s’agit d’une tumeur maligne par dégénérescence de cellules au sein de la prostate. La progression en est habituellement lente et par la même sournoise, d’où l’intérêt du dépistage à un stade précoce, car dés lors que la maladie donne des signes cliniques, elle est rarement accessible aux traitements les plus efficaces.
L’évolution non traitée se fait vers l’extension locale et régionale (ganglions) mais aussi une propension à essaimer à distance (métastases surtout au niveau des os).
Dans la grande majorité des cas la présence des hormones males (testostérone) est un facteur de développement du cancer de la prostate (s’il n’y a pas de testostérone, le cancer a tendance à moins se développer).

Il faut toutefois signaler qu’un certain nombre de cancers de la prostate n’ont pas tendance à se développer, ce qui pose la question de l’intérêt du dépistage systématique. Toutefois, nous ne disposons pas à ce jour d’outils capables de discriminer les cancers qui vont évoluer par rapport à ceux qui resteront quiescents.

Evolution du cancer de la prostate

Y a-t-il des causes connues du cancer de la prostate ?

Il est certain que le cancer de la prostate ne peut se développer qu’en présence d’hormones males (Testostérone). Un certain nombre de facteurs, environnementaux, alimentaires mais aussi génétiques jouent un rôle probable (voir facteurs favorisant du cancer de la prostate), mais il n’y a pas de cause spécifique connue.

Quelle est la fréquence du cancer de la prostate ?

L’incidence (nombre de cas déclarés par an) est estimée en France à 97,7 pour 100 000 habitants (Progrès en  Urologie, 2015, 25, 9, 536-542) et elle est en augmentation constante depuis 20 ans. Le cancer de la prostate est devenu le cancer le plus fréquent chez l’homme, devant celui du poumon et le cancer colorectal.
L’âge moyen lors du diagnostic est de 72 ans. Il est quasiment absent avant 40 ans et voit sa fréquence augmenter progressivement jusqu’à 65 ans puis rapidement ensuite. Il a été ainsi estimé qu’un homme de 50 ans a 42% de risque de développer un cancer de prostate d’ici à la fin de sa vie mais ce cancer n’aura pas forcément de traduction clinique. Autrement dit un grand nombre de personnes âgées sont porteuses d’un cancer de prostate mais n’en souffriront jamais et mourront d’une autre maladie. Ceci pose tout le problème de l’intérêt du dépistage et du traitement de ce cancer puisque dans un certain nombre de cas (mais lesquels ?) il ne se manifestera jamais.
Le cancer de la prostate représente 3,4% des décès et 10,7 % de décès par cancer en France.
Il touche plus la population noire (antillais) et moins les populations d’origine asiatiques. Les facteurs génétiques et alimentaires en seraient la cause (voir facteurs favorisant du cancer de la prostate).

Manifestations du cancer de la prostate

Si l’on veut proposer un traitement efficace, il faut agir à un stade précoce, d’où l’intérêt du dépistage, car dés lors que la maladie est déclarée, l’on est quasiment certain de ne pouvoir guérir le patient.
En effet, la tumeur se développe le plus souvent à la périphérie de la glande, ne donnant aucun signe pendant des années d’évolution.
Fréquemment, le patient consulte pour des signes en rapport avec un adénome de la prostate (hypertrophie bénigne) et c’est dans le bilan que l’on découvre parfois la coexistence avec le cancer.
Cependant, grâce au progrès du dépistage précoce de plus en plus pratiqué par les médecins généralistes et les urologues, il devient de plus en plus rare de découvrir le cancer à un stade avancé et notamment lorsque des métastases sont apparues.
Par contre la présence de sang dans le sperme ou les urines reste exceptionnellement un mode de révélation du cancer de la prostate, ce qui n’exclut pas que tout patient qui présente ces symptômes doit consulter.

Diagnostic du cancer de la prostate

Depuis la fin des années 80, c’est le dosage du PSA (antigène prostatique spécifique) qui, dans la grande majorité des cas aide au diagnostic du cancer de la prostate. Certes, l’association de ce test biologique au toucher rectal reste systématique, mais un toucher rectal normal peut parfaitement coexister souvent avec un cancer prostatique.

Le toucher rectal consiste à palper la prostate (face postérieure) à l’aide d’un doigt ganté lubrifié introduit dans le rectum. Il s’agit d’un examen désagréable mais indolore (sauf si maladie de l’anus associée (fissure…)). Une prostate normale est souple et lisse. L’on évoque le cancer en cas de perception d’une zone indurée ou simplement trop ferme. Toutefois avec le toucher rectal, l’urologue n’a accès et donc ne peut se faire une opinion que sur la partie postérieure de la prostate.

Examen du toucher rectal

Le PSA est une protéine exclusivement secrétée par les cellules prostatiques. Toutefois, il est spécifique de la prostate, c’est-à-dire que toute maladie de cet organe peut entrainer une élévation de son taux (adénome de la prostate, prostatite, voire simple infection urinaire. Généralement le taux doit être inferieur à 4,0 ng/ml. Cependant si le taux monte au dessus de cette norme il faut l’interpréter en fonction du contexte, de l’âge, du poids estimé de la prostate. A l’inverse, dans de rares cas, l’on peut retrouver un cancer de la prostate avec un PSA normal, d’où l’importance de toujours associer au dosage du PSA un toucher rectal.

Les recommandations de l’Association Française d’Urologie sont d’effectuer le dépistage du cancer de la prostate à partir de 50 ans par association du toucher rectal et du PSA et même à partir de 40 ans dans les familles ayant des antécédents de cancer de prostate, surtout si des hommes jeunes ont été touchés (voir la campagne de médiatisation sur le dépistage du cancer de la prostate).

Par contre l’échographie est trop peu spécifique pour constituer une aide au diagnostic. En effet de nombreuses prostates présentent des nodules qui sont loin d’être tous des cancers. Autrement dit, une échographie normale ne peut permettre de rassurer le patient. Par contre, elle va jouer un rôle essentiel dans l’étape suivante du diagnostic, c’est à dire la biopsie.

La biopsie de la prostate consiste à prélever de petits fragments de l’organe à l’aide d’une aiguille introduite par voie rectale et guidée par l’échographie. Elle est réalisée sous anesthésie locale ou générale après une préparation antibiotique et intestinale, afin de minimiser les risques notamment infectieux de l’acte (voir fiche d’information aux patients). Les fragments ainsi prélevés sont ensuite envoyés à l’analyse au microscope dont le résultat revient habituellement une dizaine de jours plus tard.

Biopsie de prostate – (Cliquez sur l’image pour l’agrandir)

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